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Analyses

Les vrais problèmes du secteur minier, c’est la corruption et l’absence des infrastructures

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La guéguerre entre les sept grandes entreprises minières, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et les autorités congolaises sur le régime fiscal contenu dans le code minier cache également deux autres problèmes : la corruption et le coût de production.

La Fédération des entreprises du Congo s’est désolidarisée de sept géants miniers opérant en RDC. Dans sa communication du 21 mars, le syndicat patronal estime que l’attitude des majors du secteur est carrément irrespectueuse vis-à-vis du pays. Il relève également que le code minier ainsi promulgué ne défavorise pas les grandes entreprises mais situe le pays dans la moyenne mondiale basse. La FEC cite d’ailleurs un article écrit par David Fickling de Bloomberg.

« Les redevances minières du Congo resteront parmi les plus basses, même après une augmentation (…) Même au nouveau taux de 3,5% proposé par l’Assemblée Nationale de la RDC les frais seront toujours inférieurs à ceux pratiqués en Australie et aux Etats-Unis, selon la base de données de redevances sur le cuivre de PricewaterhouseCoopers », écrit David Fickling le 12 mars depuis Sydney.

David Fickling relève que les redevances ne constituent qu’une partie de la composition des coûts d’une mine et que le fardeau des coûts est ailleurs : la corruption et le manque d’infrastructures.

« La ceinture de cuivre du sud-est du Congo est isolée et pauvre en infrastructures même selon les normes des principales régions minières. L’électricité est acheminée par des lignes électriques près de l’embouchure du fleuve Congo, de l’autre côté du continent, et la région a beaucoup investi dans des générateurs diesel de secours et modernisé les barrages et les lignes de transport pour gagner en stabilité. Les exportations se font le long d’une route serpentant via la Zambie et le Botswana vers le port sud-africain de Durban. Cela augmente considérablement les coûts », écrit-il avant d’ajouter qu’«un meilleur équilibre verrait des taux d’imposition plus élevés payer pour la construction de l’Etat, les routes et la production d’électricité, réduisant ainsi le coût et les risques de l’exploitation minière au Congo », ajoute ce journaliste de Bloomberg.

Le journaliste évoque également des frais informels à payer. Il cite par exemple le cas du milliardaire israélien Dan Gertler, dont les avoirs ont été gelés par les USA. David Fickling cite The Guardian qui a avait rapporté que les Paradise Papers avait démontré comment Glencore avait prêté 45 millions de dollars à Gertler en échange d’une assistance pour la conclusion d’un accord minier. Il cite aussi l’insécurité et l’incertitude politique en cette période.

Selon  le code minier révisé, les redevances versées à l’Etat congolais pour les minerais qualifiés de stratégiques comme le cobalt, le coltan, le lithium et le germanium pourront passer de 2 % à 10 %.

Pour la FEC, la position des géants miniers pose un problème d’équité vis-à-vis d’autres secteurs industriels présents en RDC « dont les retombées économiques et sociales sont essentielles pour le pays, notamment en termes d’emploi, d’investissement local et de sous-traitance ».

« En outre, la FEC ne comprend pas, face à l’évidence, l’obstination des entreprises minières à vouloir défendre des régimes préférentiels obtenus à la fin des années 90 et au début des années 2000 et dont elles sont les seules à bénéficier en RDC », ajoute le syndicat patronal.

Patient LIGODI, Desk Eco

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